"La dissociation est l'essence même du trauma". (Van der Kolk)
"Vous êtes chez vous, tranquillement, et pourtant vous (votre corps) restez en état de vigilance constante, incapable de vous détendre, sursautant au moindre bruit.
Vous remarquez que vous serrez les dents, vous dormez mal, vous êtes irritable, vous digérez mal, vous êtes sur le qui-vive, bref, vous êtes tendu sans raison, constamment...
Ou parfois vous vous sentez comme hors d'atteinte, comme hors du corps, et c'est plutôt agréable ce "flottement"...
Le trauma n'est pas défini par un événement, mais par la façon dont nous, notre organisme, notre biologie, pouvons intégrer ou "digérer" cet événement.
Et justement, certains événements ne sont pas "digérés", et ils restent dans notre mémoire comme flottants, silencieux, morcelés et pouvant à tout moment re-déclencher un état d'effroi aussi intense qu'au premier jour: c'est cet état de "pas digéré" que nous appelons trauma.
L'organisme est alors en état de vigilance ou alors totalement déconnecté, comme fractionné. Ou passant d'un état à l'autre: vigilance - dissociation, et le corps ne sait plus être calme!
C'est l'état physiologique du corps qui définit le trauma.
Cet état post-traumatique, d'agitation ou de dissociation, se reconnait à des signes tels que:
Le trauma est une rupture:
Le trauma est souvent accompagné de:
Lorsque le corps a peur...!
Oui, il est possible de calmer le corps, de retrouver une physiologie apaisée!
"Vous avez mal, et votre médecin vous dit que tout va bien".
Radiographie ou imagerie par résonance magnétique ne montrent aucune lésion, ou en tous les cas pas de lésions pouvant expliquer l'intensité de votre douleur.
Oui, mais cependant, vous, vous avez mal, vraiment! Et ce n'est pas dans la tête!
Alors, la douleur c'est quoi?
La douleur n'est pas un détecteur de lésion.
La douleur n'est pas synonyme de lésion.
La douleur est une réponse à tout ce qui se passe en nous et autour de nous.
La douleur est toujours vraie.
La douleur est propre à chacun.
Les causes de la douleur sont toujours multiples.
La douleur est une protection.
La douleur est une protection: lorsqu'on est en danger, elle nous contraint à changer de comportement. On peut donc avoir mal sans être blessé, sans lésion! et c'est une vraie douleur qui n'est pas "dans la tête".
La douleur fait partie de nos systèmes de protection. C'est une perception fabriquée par notre système neuro-immunitaire (SNI), aussi appelé système nerveux autonome (SNA), lorsqu'il y reçoit plus d'informations indiquant un danger-menace que d'informations indiquant une sécurité.
Ces informations proviennent de notre "milieu interne" (notre corps, nos organes, nos muscles, nos ligaments, nos pensées, etc...) et de notre "milieu externe" c'est-à-dire tout ce qui nous entoure.
👉La douleur est une réponse qui dépend de tout ce qui se passe en nous et autour de nous.
👉La douleur nous protège et favorise la guérison.
Mais:
👉La douleur persistante ou chronique nous surprotège et empêche la récupération.
On parle d'hypersensibilité du système de protection. Notre SNI est devenu trop performant à nous protéger et nous entrave dans notre
liberté!
Bonne nouvelle:
le système de protection qu'est la douleur peut se reprogrammer! et arrêter d'être sur-protecteur.
"Vous vous noyez dans un verre d'eau"
"Un rien, et c'est déjà trop"
"Vous êtes épuisés, sans énergie, tout plat, comme déprimés"
Pourtant, vous êtes plutôt de nature optimiste et volontaire, un-e battant-e orienté-e solution, intègre et engagé-e. Et cependant, actuellement, "un rien vous semble une montagne", vous ne vous reconnaissez plus, vous, d'habitude si enjoué-e-s!
On vous diagnostique un burn-out. Qu'est-ce que c'est? Que faire?
Définition de l'OMS:
"Syndrome du burn-out est un syndrome résultant d'un stress professionnel chronique qui n'a pas été géré correctement".
Au départ, un stress chronique.. le stress est une réponse à un stimulus. Ici, le stress chronique est une réponse à un l'environnement de travail chroniquement stressant...
L'épidémie de Burn-out nous interroge...
et la définition de l'OMS ouvre la port à une interprétation qui pourrait glisser vers une interprétation, à mon sens pernicieuse, de type: "c'est l''individu qui n'a pas géré correctement son stress" ou "il avait des problèmes personnels"
Ainsi, certain affirme que le burn-out est en grande partie de la faute de l'individu, puisque trop intègre, trop impliqué dans son travail.
Cependant, depuis quand est-ce que être intègre et impliqué est-il un défaut???
Faut-il être profondément anesthésié pour cautionner collectivement ce discours, sans même un soulèvement de sourcil?
Le burn-out est un problème sociétal, une perte de sens lié au travail et le réduire à une expérience individuelle est une prophylaxie à toute prise de conscience collective.
Le burn-out, en plus d'être un épuisement physique dû à un stress chronique, qui entraîne secondairement un épuisement psychique et mental, est une perte de sens.
Pour récupérer d'un épuisement physique et d'une perte de sens, les médicaments ne fonctionnent pas.
"Mais que s'est-il passé pour que j'en arrive là?, pour qu'ON en arrive là?"
"Que puis-je faire pour retrouver ma santé au travail?"
"Que puis-je mettre en œuvre pour éviter que ça ne se reproduise?"
La première chose à faire est de se mettre à distance du contexte générant les stress.
Puis, augmenter le niveau d'énergie, retrouver le sommeil, reprendre des activités physiques, stopper les ruminations et pensées toxiques.
S'interroger sur le sens, comment s'appartenir, comment être en résonance avec sa vérité et sa perception puis s'interroger sur le besoin d'appartenance au groupe (et quel groupe?) et à quel coût...
Ensuite, s'exposer progressivement et de façon répétée au contexte stressant, en explorant de nouvelles stratégies pour se prémunir des effets de la perte de sens.
Ou retrouver le sens de son travail... en changeant de contexte.
